Lecture n°16 : The Power of Less par Leo Babauta

 

16ème lecture du Personal MBA, et le début du cycle dédié au développement personnel et qui comprendra 4 livres. Après ces 4 livres, on rentrera vraiment dans le vif du sujet « business » en s’intéressant à l’entreprenariat et à toutes ses composantes.

Mais chaque chose en son temps. The Power of Less est un livre presque culte pour moi, que je conseille à n’importe qui : ma mère, mes collègues, voire les gens dans la rue. C’est un livre tout simple, aux idées simples, mais qui finalement parle de l’essentiel. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à avoir cet avis sur la question (je vous renvoie au blog incroyable d’Olivier Roland, Des Livres pour Changer de Vie).

Leo Babauta est l’auteur du blog Zen Habits, un blog extrêmement populaire avec plusieurs millions de pages vues par mois. Olivier Roland en réalise d’ailleurs la traduction en France sur le blog Habitudes Zen.

En introduction de son livre, Leo Babauta explique que nous sommes dans une époque où nous pouvons réaliser beaucoup plus de choses en beaucoup moins de temps qu’auparavant, mais à l’inverse nous sommes submergés de demandes et de choses à faire, à lire, à regarder. Pour trouver le calme parmi ce chaos, Leo Babauta croit fermement en la simplicité. Pour lui, la simplicité signifie identifier l’essentiel et éliminer complétement le reste. Il promet que si l’on adopte cette vision, cela pourrait rendre notre vie moins stressante, plus heureuse et peut-être plus productive.

Il raconte ensuite tout ce qu’il a pu accomplir en suivant cette démarche. Dans tous les compartiments de sa vie, Leo Babauta annonce qu’il a réussi des choses très intéressantes. Cela va de courir un marathon à écrire un livre en passant par rembourser ses dettes et se lever à 4 heures du matin. Il explique que ces accomplissements peuvent sembler énormes, mais que c’est le résultat d’un des six principes du livre, « One Goal », qui consiste à travailler sur un objectif à la fois et procéder par petites tâches, petites étapes pour atteindre cet objectif.

Les six principes de productivité partagés dans le livre sont :

1- Fixer des limites
2- Se concentrer sur l’essentiel
3- Simplifier
4- Focus
5- Créer des habitudes
6- Commencer petit

Leo Babauta termine son introduction en précisant que ce livre n’est pas un guide pour par exemple courir un marathon ou arrêter de fumer. Par contre, c’est un manuel pour simplifier et se concentrer sur l’essentiel, ce qui peut changer notre vie dans tous ses compartiments.

Le livre est divisé en deux parties. La première partie énonce les 6 principes de productivité, la seconde donne des pistes pour les appliquer.

 

Partie 1 : Les principes

 

Chapitre 1 – Pourquoi moins c’est mieux

 

Nous vivons dans un monde où la croyance populaire énonce que « plus c’est mieux ». Plus d’argent, une plus grande maison, arriver à faire plus de choses dans la journée…
Leo Babauta, lui, est convaincu du contraire. Moins c’est mieux. Tout simplement car nous avons des limites : une journée n’a que 24 heures, et essayer d’en faire plus ne garantit pas qu’on va faire mieux. Sans parler du stress et de la fatigue.

Leo Babauta prend l’exemple du haïku, ces poèmes japonais très codifiés composés de trois vers de 5, 7 et 5 syllabes. Quand un poète compose un haïku, il doit se concentrer sur l’essentiel, choisir les mots précisément pour expliquer son idée.

De l’haïku on peut déduire les deux premiers principes de productivité du livre.

Principe 1 : En se fixant des limites, on doit choisir l’essentiel. Donc il faut apprendre à se fixer des limites dans tout ce qu’on fait.

Principe 2 : En choisissant l’essentiel, on réalise des choses avec plus d’impact. Il faut toujours choisir l’essentiel pour maximiser notre temps et notre énergie.

Que veut dire « des choses avec plus d’impact » ? Ce sont des choses qui par exemple peuvent

– nous donner une reconnaissance sur le long terme
– nous faire gagner plus d’argent sur le long terme
– être très importantes pour notre société, en termes de revenus, de marque, de nouveaux projets…
– changer notre carrière ou au moins lui donner un coup de boost
– changer notre vie personnelle
– apporter quelque chose à la société.

Comment déterminer les choses qui ont le plus d’impacts ?

Deux méthodes.

La première consiste à examiner sa liste de tâches et à sa demander lesquelles auront le plus d’impact sur notre vie future, sur notre carrière ?
La seconde consiste à examiner sa liste d’objectifs à long terme et à réaliser chaque jour une tâche qui nous rapprochera d’un de ces objectifs.

Leo Babauta conseille d’utiliser les deux méthodes conjointement.

Pour appliquer des limitations, Leo Babauta propose par exemple de vérifier ses emails seulement deux fois par jour, de se limiter à trois projets et pas un de plus…
Plus généralement, il faut identifier quels sont les domaines de notre vie où nous nous sentons submergés et les façons de les simplifier en se fixant des limites.

 

Chapitre 2 – L’art de fixer des limites

 

Se fixer des limites a de nombreux bénéfices. Cela permet de

– simplifier les choses : la vie devient plus gérable et moins stressante
– se concentrer sur les choses : on utilise mieux son énergie
– se concentrer sur les choses importantes : on réalise les choses qui ont réellement un impact sur notre vie
– compléter les choses : moins de choses à faire permet de finir plus facilement ce que l’on commence
– montrer aux autres que notre temps est important en arrêtant d’accepter toutes les demandes des autres
– gagner en efficacité.

A ce point du livre, Leo Babauta concède qu’on pourrait être tenté par fixer des limites à tous les compartiments de notre vie. Selon lui, c’est la meilleure façon d’échouer et contraire à la philosophie du livre : il faut commencer par un domaine à la fois, et de préférence un domaine où nos chances de succès sont importantes.

Des idées de simplification :

– les emails
– les tâches quotidiennes
– le temps passé au téléphone
– le nombre de projets en cours
– le nombre de projets que l’on suit
– le temps passé sur Internet
– le nombre de choses sur notre bureau.

Comment fixer des limites ?
– Analyser notre niveau d’usage courant (par exemple pour la vérification d’emails : combien de fois dans la journée ?)
– Fixer une limite plus basse
– Tester cette limite pendant une semaine
– Si ça ne fonctionne pas, ajuster pour une nouvelle limite et tester de nouveau
– Continuer à ajuster jusqu’à avoir trouvé la bonne limite et en faire une habitude.

 

Chapitre 3 – Choisir l’essentiel, et simplifier

 

Ce chapitre explore les principes 2 et 3, à savoir choisir l’essentiel et simplifier.

Comment reconnaître ce qui est essentiel ? C’est une question clé.
Dans tout ce que l’on fait, Leo Babauta propose 9 points qui permettent d’identifier l’essentiel.

a- se demander quelles sont nos valeurs et réaliser les choses qui suivent nos valeurs et nos principes de vie
b- se demander quels sont nos buts, dans un an, un mois, une semaine ou un jour et réaliser les choses qui nous rapprochent de ces buts
c- se demander ce que l’on aime faire
d- se demander ce qui est important pour nous
e- se demander dans notre liste de tâches ce qui aura le plus d’impact sur notre vie
f- se demander ce qui aura le plus d’impacts sur le long-terme
g- éliminer les désirs et se concentrer sur les besoins
h- éliminer le non-essentiel : parfois il plus simple d’éliminer le non-essentiel que d’identifier l’essentiel
i- continuer ce process dans le temps pour affiner les résultats

Leo Babauta conseille de prendre un temps chaque jour pour utiliser ce process sur tous nos projets et prendre du recul. Les domaines d’application de ces neuf points sont par exemple :

– les engagements de vie (lesquels sont essentiels et en accord avec nos valeurs ?)
– les objectifs annuels (en choisir deux ou trois, trop en choisir mène à l’échec)
– les projets et tâches de travail (se focaliser sur les tâches ayant le plus d’impacts)
– les emails (choisir les 5 emails qui méritent une réponse, supprimer ou décaler la réponse des autres)
– le désordre (éliminer le désordre en se concentrant sur les besoins versus les désirs)
– une revue régulière pour affiner les résultats

Simplifier ne veut pas dire rendre notre vie vide mais gagner du temps pour faire ce que l’on aime.

Une fois l’essentiel identifié, on peut passer à l’application du principe 3 : la simplification, c’est-à-dire éliminer le non-essentiel. Il s’élimine en déléguant les tâches non-essentielles qui ne peuvent être supprimées. Il faut également savoir dire « non » aux nouvelles tâches que l’on identifie comme non-essentielles. Cela pourrait même avoir la conséquence de rendre nos engagements respectés par les autres, qui comprendront que lorsque l’on réalise une tâche, c’est qu’elle est essentielle et importante.

 

Chapitre 4 – Focus, de manière simple

 

Le principe 4 de productivité est le « focus » pour gagner en efficacité.

Leo Babauta conseille d’utiliser le focus sur moins de choses pour devenir plus efficace, sur un objectif pour parvenir à le réaliser, sur une seule tâche pour être plus productif, sur le présent pour réduire le stress et l’anxiété.

Se concentrer sur un objectif est le plus important dans la réalisation de cet objectif, plus que l’auto-discipline, plus que la motivation, plus que la récompense.
Se concentrer sur maintenant, et non pas sur le passé ou le futur, est difficile mais permet de gagner en efficacité et de perdre en stress.
Se concentrer sur la tâche actuelle, c’est bannir les distractions dans la réalisation de sa tâche.
Se concentrer sur le positif permet d’apprécier la situation présente tout en essayant de remplacer ses pensées négatives par des pensées positives.

Leo Babauta explique qu’il est très important de se concentrer sur une seule tâche. Selon lui, il faut bannir le multi-tâches car :

– c’est moins efficace, car on perd du temps et de l’énergie en switchant de tâche
– c’est plus compliqué, et l’on est plus sensible aux erreurs
– c’est le chemin le plus court vers le chaos.

Comment être mono-tâche ?

– écrire tous les matins les deux ou trois Most Important Things (MIT) à faire en priorité aujourd’hui
– se réserver des temps bloqués de réalisation pour sa tâche, et bannir tous les canaux de distraction (ne pas répondre au téléphone, déconnecter Internet, ne pas répondre aux mails qui pop-upent).
– prendre le temps de souffler quand on sent le besoin urgent de faire autre chose, et se reconcentrer et retourner sur sa tâche
– si d’autres choses viennent nous interrompre, noter quelque part le sujet et se remettre au travail sur la tâche
– processer notre liste de tâches dès que l’on en a terminé une, pour éventuellement replanifier un moment pour réaliser la prochaine
– prendre des notes sur l’endroit où on s’arrête quand une interruption est obligatoire (par exemple quand notre chef débarque dans notre bureau)
– apprécier l’instant et prendre des pauses régulières.

Se concentrer sur le présent est également important pour rester calme et productif. Pour se faire, Leo Babauta propose de :

– manger et ne faire rien d’autre pendant les repas (en d’autres termes, prendre le temps et ne pas faire plusieurs choses à la fois)
– être conscient de ses pensées
– être gentil avec soi-même
– faire de l’exercice
– établir des routines quotidiennes pour penser à l’instant
– utiliser des « reminders »
– célébrer chaque petit succès
– continuer à s’entraîner.

 

Chapitre 5 – Créer de nouvelles habitudes, et le Challenge « Power of Less »

 

Leo Babauta affirme qu’essayer de maîtriser toutes les nouvelles habitudes proposées dans le livre n’est pas possible, en tout cas si l’on souhaite complétement chambouler nos habitudes.

Le principe 5 énonce qu’il faut créer des habitudes pour faire des progrès dans la durée.

Il propose de créer une habitude à la fois en faisant le Challenge « Power of Less », qui permet de créer une habitude, et une seule, en 30 jours. Le Challenge repose sur le fait de :

– sélectionner une seule habitude, celle qui aura le plus d’impact sur notre vie
– écrire son plan, c’est-à-dire noter ce qu’on fera de nouveau chaque jour et à quel moment de la journée on le fera
– partager son objectif de manière publique (amis, collègues, blog)
– reporter notre progrès quotidien et en faire part de manière publique
– célébrer notre nouvelle habitude. Après 30 jours, on pourra se chercher à se créer une nouvelle habitude.

Pourquoi le Challenge fonctionne ? Car il repose sur trois piliers :

– l’engagement (déclarer publiquement…)
– la responsabilité (reporter publiquement)
– l’encouragement (nos progrès sont un boost au niveau de la motivation).

Pour réussir le Challenge, il y a quelques règles à respecter :

– créer une habitude à la fois
– choisir un objectif facile
– choisir quelque chose de mesurable
– être régulier
– reporter quotidiennement
– garder une attitude positive.

Leo Babauta finit ce chapitre en proposant douze nouvelles habitudes à avoir, à réaliser sur l’année. Ce ne sont que des exemples.

– écrire ses 3 MIT tous les matins
– être mono-tâche
– vider notre inbox (papiers, emails)
– vérifier ses emails seulement deux fois par jour
– faire de l’exercice 5 ou 10 minutes par jour
– travailler déconnecté sans distractions
– suivre une routine chaque matin
– manger plus de fruits et légumes par jour
– garder notre bureau rangé
– dire non aux engagements et requêtes qui ne sont pas sur notre shortlist
– ranger chez soi pendant 15 minutes chaque jour
– se limiter à 5 phrases maximum quand on répond à un email.

 

Chapitre 6 – Commencer petit

 

Le principe de productivité 6 énonce qu’il faut commencer des nouvelles habitudes en petits incréments pour s’assurer le succès.

Souvent, quand on souhaite changer, on se met des objectifs très forts, mais au bout d’une semaine ou deux, on craque et c’est l’échec (exemple parfait : le régime drastique).

Commencer petit fonctionne car cela permet de :

– resserrer le champ de notre concentration
– garder notre énergie et notre enthousiasme
– gérer plus facilement notre objectif
– s’assurer le succès
– de s’inscrire dans la durée (construire son succès sur une succession de petites tâches).

Pour commencer petit, Leo Babauta propose par exemple de :

– faire de l’exercice (5 à 10 minutes par jour, pas 30)
– se lever plus tôt (commencer par 15 minutes, et non pas une heure ou deux)
– commencer par se concentrer sur une tâche durant 10 à 15 minutes
– commencer par vérifier ses emails quelque fois en moins dans la journée
– manger sainement (enlever un élément gras à la fois dans notre alimentation)
– commencer par une petite tâche sur un projet majeur
– ranger (en commençant par un petit tiroir).

 

Partie 2 : La pratique

 

Chapitre 7 – Objectifs simples et projets simples

 

Il est extrêmement facile de se fixer des objectifs, il est beaucoup plus difficile de les atteindre.
Dans ce chapitre, Leo Babauta propose le « One-Goal system », qui se découpe en quatre étapes :

– choisir un seul objectif : dans notre liste d’objectifs, en choisir un qui prendra environ six mois à réaliser
– le décomposer en sous-objectifs (si notre objectif est de monter une entreprise, un sous-objectif peut être de trouver une idée viable)
– créer un objectif hebdomadaire qui nous rapproche de notre sous-objectif
– penser chaque jour à une action qui nous rapproche de notre objectif hebdomadaire, et réaliser cette action avant toute chose.

Leo Babauta conseille également d’écrire une liste de projets, si ce n’est pas déjà fait, entre 10 et 20 de préférence. Ensuite, il faut extraire les trois projets les plus importants, ce qui va constituer notre liste simple de projets. Ces projets doivent venir de tous les domaines de notre vie.
Toutes nos actions doivent ensuite converger vers la réalisation de l’un ou l’autre de ces trois objectifs. Tant que les trois objectifs dans leur ensemble n’ont pas été réalisés, il est interdit d’inclure un nouveau projet dans notre liste simple de projets. La raison est que cela permet de se concentrer sur la réalisation.

Cette liste simple est un peu en contradiction avec le « One-goal system » qui veut que l’on se fixe un seul objectif, mais c’est faire preuve de pragmatisme selon Leo Babauta : en effet, souvent, pour un projet donné, on sera en attente d’éléments venant d’une personne ou d’un organisme : il peut donc être utile de mener un ou deux projets en parallèle pour avoir toujours quelque chose à faire.

Encore une fois, Leo Babauta demande de se concentrer sur la réalisation et donne 4 conseils pour aller dans ce sens :
– avoir un résultat en vue, et noter une ou deux phrases à côté de notre projet pour visualiser à quoi le résultat final ressemblera
– transformer les projets en tâches successives : se concentrer à faire une tâche après l’autre
– chaque jour, définir ses 3 MIT qui, de préférence, permettront de se rapprocher de nos objectifs
– évaluer ses progrès : si on ne progresse pas, définir des tâches qui nous permettent de progresser.

Pour finir le chapitre, Leo Babauta évoque une situation qui arrive fréquemment au travail : le fait de ne pas maîtriser sa liste de projets (par exemple quand notre chef nous impose des délais et des projets).
Il propose des pistes pour s’en sorti, par exemple discuter du système avec son chef, et lui montrer qu’il peut être bénéfique pour l’entreprise.

 

Chapitre 8 – Tâches simples 

 

Les Most Important Tasks, au nombre idéal de trois, doivent être fixées le matin. Bien sûr on fera plus que trois tâches au cours de la journée, mais les prioriser nous assure d’avoir les tâches importantes de réalisées. Au moins une tâche devrait être liée à un de nos objectifs, à l’un de nos projets « personnels ». Les deux autres peuvent être liées au travail, mais l’une au moins doit être liée à nos projets.

Réaliser ses MIT le matin, c’est aussi avoir l’impression que toutes les tâches réalisées après sont du bonus.

Les clés pour réaliser ses MIT :

– les écrire doit être la première chose que l’on fait le matin
– se limiter à 3
– s’assurer que l’une au moins est liée à nos objectifs
– se concentrer sur leur réalisation avant toute chose
– être mono-tâche.

Certaines tâches sont en fait des projets qui se déguisent. Il faut en prendre conscience pour ne pas être découragé. Une tâche ne doit pas prendre plus d’une heure, idéalement, pas plus de 20 minutes.
A chaque fois que l’on procrastine devant une grande tâche, se demander comment la décomposer en de plus petites tâches.

 

Chapitre 9 – Gestion du temps simple

 

L’idée du chapitre est de garder sa gestion du temps simple et d’éviter la rigidité ou la complexité de la planification.

Leo Babauta conseille de se garder du temps, bloqué dans notre planning, pour réaliser les tâches. Idéalement, il faut être capable de se mettre dans le « flow », à savoir éliminer les distractions et se concentrer sur une seule tâche.

Il faut connaître ses priorités. Les fameuses Most Important Tasks (MIT). Tout doit être fait pour compléter ces trois tâches le plus tôt possible dans la journée.

Leo Babauta troque la gestion du temps pour la gestion des tâches. La gestion des tâches consiste à réduire avant d’organiser. Parfois, néanmoins, il faut compléter des tâches qui ne rentrent pas dans nos MIT. Il peut être intéressant de « batcher » ces tâches, c’est-à-dire les grouper par catégories et réserver un temps en fin de journée pour les réaliser. Les catégories de tâches à batcher peuvent être les appels téléphoniques, les emails, les courses, le travail administratif, le rangement, les réunions, les visites de site web, la recherche d’infos…

Les outils de gestion des tâches et du temps doivent se limiter à un simple calendrier et éventuellement un carnet pour prendre des notes.

 

Chapitre 10 – Email simple

 

L’email est devenu le moyen de communication inter et intra-entreprise le plus répandu, avec pour conséquence d’être submergé par ces messages. Même dans la vie personnelle, les notifications de tous les sites sur lesquels on est inscrit surchargent notre boîte mail.

La première chose à faire est bien sûr de se limiter en termes de service de messagerie : une messagerie personnelle et une professionnelle peuvent suffire.

Ensuite, Leo Babauta recommande de fixer à l’avance :

– le nombre de fois où l’on consulte ses emails
– les périodes dans la journée où l’on consulte ses emails
– le fait que notre première tâche le matin n’est pas de consulter ses emails
– le fait de désactiver les notifications de notre programme mail

Pour s’y tenir, rien ne nous empêche de coller un post-it sur notre écran : « Pas d’emails entre 10h30 et 16h » par exemple.

Selon Leo Babauta, il est également très important de vider ses boîtes de réception en réduisant avant de traiter. Un dossier temporaire peut être créé pour « batcher » tous les emails qui méritent une réponse. Les emails que l’on doit garder ne doivent pas figurer dans la boîte de réception, mais dans un dossier de référence ou d’archive.

L’email simple passe aussi par le fait de moins écrire : se fixer à l’avance une limite de 5 phrases permet de gagner en concision et en rapidité de traitement.

 

Chapitre 11 – Internet simple

 

Internet est un outil formidable mais c’est aussi un trou noir qui peut aspirer notre productivité. En appliquant des limitations et de la simplicité, il est possible de faire plus sur et hors de l’Internet.

La première chose à faire est de suivre son usage. Des outils existent pour ça, comme TogglTick et yaTimer. C’est important de connaître son usage réel, et de prendre conscience de notre comportement sur le web : quels sites on visite le plus, pendant combien de temps par semaine ?

Concernant l’Internet, Leo Babauta conseille de se poser quelques questions.
Quels sont nos besoins réels ? En quoi Internet peut être critique dans notre travail ? Quand et combien de fois ai-je besoin d’avoir accès à ces sites ?
Quels sont les « fun sites » que nous visitons ?

Leo Babauta ne souhaite pas interdire l’accès à des « fun sites » pendant la journée, mais selon lui ils doivent être une forme de récompense quand on a réalisé une tâche. Se bloquer des périodes de temps dans la journée où nous travaillons déconnectés lui semble être une bonne initiative.

Internet peut être une addiction. L’idée du post-it collé à l’écran de l’ordinateur (« pas d’internet entre 10h et 14h ») peut être un début de solution pour faire décroître son usage.

 

Chapitre 12 – La paperasse simple

 

Selon Leo Babauta, les piles de documents sur notre bureau ou chez nous sont une forme d’échec :

– échec à créer un système d’organisation et de tri simple
– échec à utiliser ce système de manière régulière.

Comme souvent dans ce livre, Leo Babauta conseille, avant de mettre en place un système de tri, de réduire les piles de documents. Pour ça, il demande de passer en revue tous nos documents en attente et d’en jeter un maximum.
Si un document est absolument critique, Leo Babauta conseille de créer un système de tri organisé de manière alphabétique. Il faut prendre également l’habitude de ranger ses papiers immédiatement : si les papiers s’accumulent, on devient réticent à les trier, alors que trier et ranger un seul papier prend à peine cinq secondes.

Travailler à la source est une action à mener en parallèle, en réduisant le nombre de papiers à trier. Pour cela, la numérisation et le stockage en ligne sont des incroyables progrès. Il faut également arrêter d’imprimer à tout va.

 

Chapitre 13 – Des engagements simples

 

Réduire ses engagements est une chose difficile à réaliser mais nécessaire pour retrouver du temps libre pour faire les choses qui sont vraiment importantes pour nous.

Pris séparément, les engagements ne semblent pas être un problème. Pourtant, à force de s’empiler, il peut être très compliqué de trouver du temps libre. Les engagements peuvent être de toute nature : famille, travail, associatif, religieux, hobbies, maison, online…

Il est important de tous les lister, et d’en extraire quatre ou cinq qui revêtent une réelle importance pour nous. Cette short list doit être en accord avec nos objectifs et nos valeurs.

Ensuite, de la même manière que dans d’autres chapitres du livre, il faut réduire ses engagements. Commencer par un petit engagement peut aider. Il faut savoir dire non pour élaguer notre liste d’engagements. Cela s’apprend. Mais Leo Babauta explique qu’il existe une bonne raison pour dire non : notre temps est précieux et limité.

 

Chapitre 14 – Une routine quotidienne simple

 

Leo Babauta évoque dans ce chapitre son expérience personnelle : l’auteur se lève à 4h30 du matin tous les jours et dispose d’une routine quotidienne immuable, entre sport et définition des objectifs de la journée.

Sans devoir faire comme lui en se réveillant au milieu de la nuit, il explique qu’il est extrêmement important de prendre le temps le matin, pour au moins par exemple écrire ses MIT et se préparer pour sa journée.

Une même démarche appliquée le soir peut permettre de passer en revue sa journée, et de se préparer au lendemain.
Démarrer une routine n’est pas chose facile. Pour cela, Leo Babauta propose qu’établir une routine intègre notre liste d’objectifs pour le mois. Noter ses résultats et célébrer ses progrès est aussi décisif.

 

Chapitre 15 – Ranger notre espace de travail

 

Les bénéfices d’avoir un espace de travail rangé s’expriment en terme de concentration (moins de distractions) et donnent une semblant de calme.

Leo Babauta conseille de ne garder sur son bureau que son ordinateur, son téléphone, un carnet et un stylo. Il faut donc appliquer les méthodes présentées au chapitre 12 pour réduire les piles de papiers, puis les ranger.

Une bonne manière de ne pas se sentir coupable quand on hésite entre ranger un papier ou le jeter peut être de créer une boîte « Peut-être » et de l’y placer. Dans 6 mois, si l’on n’a pas touché à la boîte, il sera temps de la jeter.

Ce chapitre peut être appliqué à la maison. Les avantages d’une maison simple sont qu’elles sont moins stressantes, plus jolies, et plus faciles à laver. Pour garder une maison simple, planifier des séances régulières de rangement est bien sûr la première étape. Néanmoins il peut être intéressant de changer nos habitudes en accumulant moins de choses. Leo Babauta propose de créer une « liste des 30 jours ». Dès que l’on souhaite acheter quelque chose pour la maison, il faut placer cette chose dans la liste. Dans 30 jours, se demander à nouveau si cette chose est vraiment nécessaire.

 

Chapitre 16 – Ralentir

 

Plusieurs fois dans le livre il a été question de ralentir, ou tout de moins de se concentrer sur une tâche et de prendre le temps de bien la faire.

Leo Babauta conseille de ne pas seulement ralentir au travail, mais aussi en mangeant ou au volant pour apprécier l’instant, garder son calme, être moins stressé et plus concentré.

 

Chapitre 17 – La santé simple

 

Le problème avec les régimes et les programmes d’entraînement, c’est que les objectifs sont souvent élevés, dès le départ. Or il est difficile de changer une mauvaise habitude du jour au lendemain.

Un programme santé doit être graduel : le premier mois doit être consacré à établir l’habitude de faire de l’exercice. C’est au cours du second mois que l’on va pouvoir commencer à se consacrer à la performance. Chaque mois suivant, il faudra se fixer des objectifs mensuels atteignables.

L’étape 1, créer l’habitude, repose sur quelques fondamentaux :

– commencer très doucement, même si on a envie de faire plus (c’est seulement après quelques semaines qu’on augmentera le rythme)
– planifier son créneau de sport (commencer par trois créneaux de trente minutes sur la semaine)
– ne pas s’autoriser à manquer un créneau
– ne pas abandonner
– trouver un partenaire si possible
– reporter aux autres en partageant notre objectif et nos réalisations
– s’amuser.

L’étape 2, faire des changements graduels au niveau de son alimentation, consiste à manger quand on commence à avoir généralement faim (toutes les trois / quatre heures), de manger de la nourriture légère, de manger lentement et de manger jusqu’à ce qu’on soit très légèrement plein. Le but n’est pas de faire un régime strict, ces conseils sont juste du bon sens.

L’étape 3 consiste bien sûr à continuer le programme en l’intensifiant petit à petit, en partageant ses objectifs et ses résultats réguliers et en fixant des objectifs court-terme atteignables. Il faut également être capable de noter tout ce qu’on a mangé, à quelle heure, quel jour etc. Le reporting est essentiel dans l’établissement de cette nouvelle habitude.

Leo Babauta termine ce chapitre en donnant 30 conseils pour rester motivé quand on fait de l’exercice, comme s’inscrire à une course ou lire des success stories de sportifs.

 

Chapitre 18 – La motivation

 

Le dernier chapitre du livre concerne la motivation. Leo Babauta explique que la motivation est bien sûr la clé pour atteindre un objectif, mais qu’il est difficile jour après jour de trouver les ressources pour garder intacte cette motivation. Il y a différentes sortes de motivation, positive ou négative (des menaces de notre boss par exemple). La motivation est ce mécanisme qui nous pousse à réaliser quelque chose. Selon Leo Babauta, la meilleure motivation est bien sûr la motivation positive.

Il donne huit pistes pour se donner de la motivation en début de projet. Ces pistes reprennent des points déjà évoqués dans la livre :

– commencer petit
– se fixer un seul objectif
– examiner notre motivation, écrire quelques phrases à ce propos
– vraiment, vraiment vouloir réaliser ce projet
– s’engager publiquement
– être excité par la possibilité de réaliser notre objectif
– augmenter l’excitation en ne commençant pas tout de suite mais en attendant quelques semaines pour accumuler de l’énergie
-faire de notre objectif un mantra, une phrase courte, l’imprimer et le coller partout.

Leo Babauta termine ce chapitre et donc son livre en donnant 20 conseils pour garder sa motivation intacte dans le temps, comme se faire aider, se donner des mini-objectifs ou prendre un coach.

 

Mon avis sur le livre : 

 

The Power of Less ne m’a pas laissé indifférent car il ne fait qu’énoncer des choses évidentes. Néanmoins, lire ces choses a l’effet d’un électrochoc qui m’a fait faire un peu d’introspection en me demandant comment j’avais fait pour accumuler autant de mauvaises habitudes. Cela fait longtemps que je cherche à gagner en efficacité au travail par exemple, ou à faire du sport sur une base régulière.

Le gros point fort du livre est son pragmatisme. A mon sens l’auteur a compris que les changements brutaux dans les habitudes de vie sont contre-productifs, et répète plusieurs fois dans son livre qu’il est plus simple de commencer petit. Le chapitre sur la gestion des tâches en lieu et place de la gestion du temps est intéressant. Je ferai un article spécial sur ce que m’ont apporté ces livres de productivité, mais il est clair que l’idée d’écrire ses trois Most Important Tasks dès le matin et de prioriser leur réalisation est une excellente idée que j’applique et qui porte ses fruits.

Le seul reproche que je peux faire à l’ouvrage est peut-être le fait de se répéter un peu. Heureusement, le livre ne fait que 170 pages, faciles à lire.

Je le conseille donc à tous ceux qui estiment qu’ils peuvent améliorer leur manière de réaliser les choses, qui souhaitent gagner en productivité et perdre en stress et en pression.