Lecture n°9 : On Writing Well par William Zinsser

On Writing Well est un livre dont la première édition date de 1976. Plusieurs fois révisé, le livre a été vendu à plus d’un million d’exemplaires, et est considéré comme la bible de l’écrivain aux Etats-Unis dans le sens où le sujet traité porte sur la qualité de l’écriture. William Zinsser prodigue ses conseils dans tous les domaines: fiction, critique d’art, humour, journalisme, business. Dans le cadre du Personal MBA, j’ai volontairement résumé les parties qui sont en lien direct avec le business.

Le livre parle de l’écrivain, au sens large. William Zinsser donne des conseils applicables à tous les écrivains, qu’ils soient en train de produire un roman ou en train de produire un email à leur patron dans une entreprise.

 

Partie 1: Les Principes

 

Chapitre 1 – La Transaction

 

Les écrivains sont soumis à une une pulsion qui les conduit à coucher sur le papier une partie d’eux-mêmes. Ils ne peuvent donc pas écrire naturellement, leur personnalité va influer leur production. La personnalité qui transparait dans l’écrit est bien plus forte que la personnalité de l’écrivain qui s’est assis derrière son ordinateur.

Finalement le produit que va devoir vendre l’écrivain n’est pas le sujet traité dans son écrit, mais bien sa personnalité. Il nous arrive certainement fréquemment de lire jusqu’au bout des articles sur des sujets qui a priori ne sont pas censés nous intéresser : ce qui nous fait les lire jusqu’au bout est certainement l’enthousiasme qu’arrive à transmettre l’auteur à propos du sujet.

C’est cette transaction qui est au coeur de tout écrit non-fictionnel : l’écrivain vend sa personnalité contre l’intérêt du lecteur. Ainsi « On Writing Well » va chercher à développer les deux qualités les plus à mêmes d’augmenter nos chances de réussir cette transaction : la chaleur et l’humanité.

Ecrire bien c’est avoir une écriture vivante qui garde le lecteur d’un paragraphe au suivant, et ce n’est pas une question de gadgets d’écriture pour garder le lecteur accroché.

 

Chapitre 2 – Simplicité

 

L’encombrement est la maladie de l’écrivain. Nous sommes une société étouffée par les mots inutiles, les constructions de phrase absconses, pompeuses et vides de sens.

Le secret d’une bonne écriture est de réduire chaque phrase à ses composants les plus simples. Simplifier est donc le mot d’ordre le plus important pour être un bon écrivain non-fictionnel.

Une pensée claire est une écriture claire. Pour capter le lecteur, qui dispose en moyenne d’une capacité d’attention de 30 secondes, la clarté est obligatoire. D’autant plus dans une société où nous sommes constamment dérangés : par les autres, par les collègues, amis, famille, par notre téléphone, notre ordinateur.

En tant qu’écrivain, cela ne sert à rien de se dire que le lecteur est trop stupide ou paresseux pour s’accrocher à notre sujet complexe. Si nous avons perdu le lecteur, c’est parce que nous n’avons pas assez mis l’accent sur la simplicité. Ce problème peut prendre plusieurs formes : peut-être qu’une phrase est trop encombrée de mots inutiles, peut-être qu’une phrase a été construite de manière tellement alambiquée que le lecteur peut la comprendre de plusieurs manières, peut-être que l’écrivain a échangé les pronoms en milieu de phrase, ou a changé de temps, ou peut-être que la phrase B n’est pas la suite logique de la phrase A et que le chaînon manquant se situe toujours dans la tête de l’écrivain.

Les écrivains doivent donc en permanence se demander : que suis-je en train d’essayer de dire ? Souvent et de manière surprenante, ils ne savent pas. Ils doivent donc regarder ce qu’ils ont écrit et se demander : ai-je réussi à le dire? est-ce clair pour une personne qui rencontre le sujet pour la première fois ?

Une bonne écriture n’est pas naturelle. Une phrase simple n’est pas simple par accident. Une phrase simple demande du travail, certainement plus qu’une phrase compliquée.

 

Chapitre 3 – Encombrement

 

Un écrivain qui combat l’encombrement est comme un jardinier qui combat les mauvaises herbes : il y aura toujours de nouveaux mots ou de nouvelles expressions complétement inutiles qui feront leur entrée dans la langue française. L’adjectif « personnel » est par exemple complétement inutile dans les expressions « un ami personnel », « un sentiment personnel », ou « mon docteur personnel ». C’est typique de centaines de mots qui peuvent être éliminés. Un docteur est un docteur, un ami est un ami, le reste n’est que de l’encombrement.

L’encombrement est représenté par la courte phrase qui a remplacé le simple mot mais qui veut dire la même chose. « Au jour d’aujourd’hui » pour « aujourd’hui », « en ce moment même » pour « maintenant ». La phrase « En ce moment même nous sommes sujets à des précipitations » peut tout simplement être remplacée par « Il pleut ».

L’encombrement est aussi une technique employée par les entreprises ou les Etats pour cacher leurs erreurs.
Quand une usine de General Motors a fermé, il y avait un « ajustement des plannings de production liés aux volumes ». C’est durant la présidence de George W. Bush que les « victimes civiles » sont devenues des « dommages collatéraux ».

La liste de mots destinés à encombrer est sans fin. Néanmoins William Zinsser nous demande de prendre garde à ces longs mots qui ne sont pas meilleurs que leur version courte:
– assistance à la place d’aide
– implémenter à la place de faire
– suffisant à la place d’assez…

De même, il ne sert à rien de gonfler certaines expressions avec des mots inutiles:
– à la possible exception de à la place d’excepté
– dû au fait que à la place de car
– avec l’objectif de à la place de pour…

Selon William Zinsser, la plupart des premiers brouillons peuvent être réduits de moitié sans pour autant perdre en informations.

 

Chapitre 4 – Style

 

L’auteur pense que la simplification de notre texte et l’élimination de l’encombrement doit venir en deuxième dans le processus d’écriture (la première étape étant la rédaction du premier brouillon). La construction de notre écrit d’après un style défini vient après.

Certains écrivains sont impatients de découvrir un style pour se démarquer. Mais un écrivain ne choisit pas son style parmi un panel de style disponibles: un style est organique à l’écrivain, et ne se choisit pas.

Bien sûr il est possible de travailler son texte pour lui donner un style particulier, mais selon William Zinsser, ce n’est pas ce que le lecteur recherche. Le lecteur cherche à connaître l’écrivain réel qui se cache derrière une prose et les artifices sont autant d’obstacles dans sa recherche. Une règle fondamentale quand on écrit est donc « être soi-même ».

L’auteur pense qu’un écrivain est à son état le plus naturel quand il s’exprime à la première personne, qui plus est à la première personne du singulier. Les lecteurs cherchent à en savoir plus si l’écrivain prend le temps de leur raconter quelque chose d’intéressant en utilisant des mots simples et en s’exprimant de manière naturelle.

Il y a quand même certains domaines d’écriture où l’utilisation du « je » est interdite, comme par exemple le journalisme ou l’éducation. C’est compréhensible car les informations présentées doivent être sous un jour objectif. Néanmoins, l’auteur conseille d’écrire le premier brouillon en utilisant le « je » et de retravailler le texte après en enlevant ce pronom, pour ainsi donner un peu de chaleur au style d’écriture impersonnelle.

L’écriture est un acte égoïste car il s’agit de se vendre aux lecteurs. Il faut donc croire en ses opinions et que le « je » s’exprime d’une manière ou d’une autre.

 

Chapitre 5 – Les Destinataires

 

L’écrivain doit écrire pour lui-même. Chaque lecteur étant différent, il ne sert à rien de changer son style pour essayer de cibler une audience en particulier. Les éditeurs comme les lecteurs ne savent pas ce qu’ils ont envie de lire jusqu’au moment où ils le lisent. De plus, ils recherchent toujours quelque chose de nouveau. Il faut donc écrire pour soi et ne pas s’inquiéter à propos du lecteur, à condition qu’on fasse tout pour simplifier notre texte et exprimer qui nous sommes vraiment dans notre écriture.

Il n’y a aucune raison d’utiliser à l’écrit des mots que nous n’utilisons pas à l’oral. S’exprimer sur le papier comme à l’oral est la meilleure façon d’exprimer notre vraie personnalité et de respecter les destinataires de notre texte.

 

Chapitre 6 – Les Mots

 

Les mots doivent être choisis avec le plus grand soin. L’écriture n’est pas une course à la rapidité mais une course à l’originalité.

L’auteur conseille aux écrivains de lire ce qui s’écrit de nos jours mais également ce qui s’écrivait à d’autres époques. Ecrire est un talent qui s’apprend par imitation. Mais attention, car d’après lui, ce n’est pas parce qu’un texte figure dans un journal qu’il est forcément bien écrit.

Bien sûr, l’utilisation d’un dictionnaire est extrêmement importante pour se voir offrir de nombreux choix pour exprimer la même chose.

L’auteur conseille également de porter notre attention sur le « son » des mots. En effet, quand le lecteur lit un texte, il entend dans sa tête ce qu’il est en train de lire. L’enchaînement des mots est comme une musique, et c’est à l’écrivain de la jouer. Les bons écrivains de prose sont en partie des poètes, toujours à l’écoute de ce qu’ils écrivent.

Les mots sont les seuls outils de l’écrivain. C’est dire leur importance.

 

Chapitre 7 – Usage

 

L’usage recouvre le fait que certains mots qui hier étaient bannis des écrits deviennent populaires et se font une place dans la langue française. Comment ne pas citer « borderline » qui vient d’entrer tel quel dans l’édition du Robert 2013?

Pourquoi un mot est-il bon ou mauvais? Il n’y a pas de réponse, car l’usage n’a pas fixé de limites. Le langage change toutes les semaines, ajoutant des nouveaux mots et en oubliant des plus anciens. Les règles d’usage sont donc relatives. Néanmoins il est vrai que le langage parlé demande moins de contraintes que le langage écrit.

Un usage incorrect va nous faire perdre des lecteurs. Les communications corporate, ou les textes juridiques, sont des exemples d’usage incorrect, car certains mots très compliqués ont pris la place de mots simples. Le jargon est omniprésent (prioriser, impacter, incentiver…).

Pour l’auteur, le bon usage est donc d’utiliser les bons mots s’ils existent déjà (et c’est certainement le cas) pour s’exprimer de manière claire et simple.

 

Partie 2 : Les Méthodes

 

Chapitre 8 – Unicité

 

On apprend à écrire en écrivant. C’est un truisme, mais la particularité d’un truisme est que c’est vrai.

L’unité est le point d’ancrage d’une bonne écriture.

Un choix est l’unité de pronom: allons-nous écrire à la première ou à la troisième personne, ou même à la deuxième personne, comme Hemingway?

Un autre choix est l’unité de temps de conjugaison. La plupart des écrivains utilisent le passé, un peu moins le présent. Peu importe, mais il ne faut pas changer de l’un à l’autre (sauf si c’est justifié dans le récit pour raconter des choses qui se sont passées à un autre moment).

Un autre choix est l’unité d’humeur. Peu importe que le ton soit sobre, comme un journaliste, ou plus engagé, comme un éditorialiste par exemple, mais il ne faut surtout pas changer en mileu de texte pour l’autre.

Voici donc les questions qu’il faut se poser en tant qu’écrivain avant même d’écrire:
– depuis quelle position vais-je adresser le lecteur ?
– quel pronom et quel temps vais-je utiliser ?
– quelle attitude vais-je avoir à propos du sujet ?
– à quelle profondeur vais-je traiter le sujet ?
– quel message ai-je envie de faire passer ?

Ces deux dernières questions sont particulièrement importantes, car il faut réduire un projet d’écriture avant d’écrire. Par exemple, Tolstoi voulait écrire un livre sur la guerre et la paix, mais il s’est délibérément arrêté à une époque particulière. Melville voulait écrire un livre sur la chasse à la baleine, mais il s’est délibérément concentré sur une baleine en particulier.

Concernant la dernière question, un bon texte non-fictionnel est un texte qui parvient à donner au lecteur une nouvelle pensée provocante qu’il n’avait pas avant.

 

Chapitre 9 – L’Idée principale et la Fin

 

La phrase la plus importante dans un texte est la première. Si elle ne donne pas envie au lecteur de lire la deuxième, notre texte est mort. De la même manière, si la deuxième phrase ne lui donne pas envie de lire la troisième, notre article est tout aussi mort.

Quelle doit être la longueur du développement de l’idée principale ? Il n’y a pas de réponse pour ça, mais il faut garder à l’esprit que le lecteur souhaite savoir très vite ce que lui réserve un texte. L’idée principale doit donc accrocher rapidement le lecteur et presque le forcer à ce qu’il continue à lire.

Dans la construction du texte, chaque paragraphe doit amplifier le précédant. Dans la recherche de la percussion et de la simplicité, l’écrivain doit collecter bien plus d’informations qu’il ne couchera sur le papier. C’est son devoir de choisir parmi toutes ces informations lesquelles vont servir le mieux à garder le lecteur accroché.

Une autre approche est de raconter une histoire. C’est une méthode tellement simple que les écrivains oublient qu’elle existe, alors que c’est la méthode la plus ancienne et peut-être la plus efficace pour garder l’attention de quelqu’un.

Savoir comment terminer est également important, et la plupart des écrivains ne pensent pas à cette question quand ils commencent à écrire un texte. Un article qui ne s’arrête pas avec une conclusion franche ne peut être réussi.

La plupart d’entre nous sont prisonniers du schéma appris à l’école en dissertation : introduction, développement, conclusion. Le problème d’un tel schéma est que la conclusion est souvent une répétition en condensé de ce qui a déjà été dit plus haut dans le développement, ce qui est le meilleur moyen de perdre le lecteur. Une fin parfaite devrait prendre le lecteur légèrement par surprise tout en restant vraie.

 

Chapitre 10 – Morceaux

 

Ce chapitre traite de la nature des mots, et comment les utiliser à bon escient.

 

Les verbes :

Il est préférable d’utiliser des verbes dans leur forme active que dans leur forme passive. Une forme active est bien plus vigoureuse pour le lecteur. « Joe l’a vu » est bien plus fort que « Il a été vu par Joe ». Une forme passive est également ambiguë : combien de fois a-t-il été vu par Joe?
Les verbes courts sont préférables aux verbes longs, et la langue française est suffisamment riche pour utiliser des verbes précis.

 

Les adverbes :

La plupart des adverbes ne sont pas nécessaires. Dans une mauvaise écriture, les verbes forts sont affaiblis par des adverbes redondants.

 

Les adjectifs :

La plupart des adjectifs sont également inutiles. Les romans débordent d’adjectifs qui ne servent qu’à répéter les concepts déjà énoncés par le nom auxquels ils se rapportent : « de la terre marron », « un précipice vertigineux »… Il faut se libérer de la mauvaise habitude de mettre des adjectifs partout.

 

Les petits qualificatifs :

Il faut également se délester de tous ces petits qualificatifs qui ne font que diluer notre style et notre capacité de persuasion : « assez », « très », « un peu »… Ne pas écrire « je suis un peu fatigué », mais préférer « je suis fatigué », la bonne écriture est franche et pleine de confiance.

 

La ponctuation :

Le point – Il n’y a pas de longueur maximale pour une phrase. Néanmoins, plus une phrase est longue, plus il est facile de perdre soi-même le fil et le lecteur avec. La majorité des bons écrivains privilégient les phrases courtes pour cette raison. Si on se retrouve avec une phrase de plusieurs lignes, il est peut-être préférable de la couper en plusieurs phrases distinctes.

Le point d’exclamation – A ne pas utiliser à moins de vouloir créer un effet particulier. Il faut également résister à l’envie d’utiliser le point d’exclamation pour notifier au lecteur que nous faisons de l’humour.

Le point-virgule – A utiliser pour relier une idée avec la première partie de la phrase. Cependant, le point-virgule est à user avec parcimonie car il ralentit le rythme de la phrase par rapport à l’utilisation d’une virgule ou d’un tiret.

Le tiret – Le tiret est utilisé de deux manières, soit pour amplifier ou justifier dans la seconde partie de la phrase une idée présentée dans la première partie de la phrase, soit pour mettre à part une idée dans une phrase plus longue (dans ce cas on doit l’utiliser en double). Par exemple : « Elle me demanda de monter dans la voiture – tout l’été elle avait été après moi pour que je l’emmène chez le coiffeur – et nous roulâmes silencieusement dans la ville. »

Les changements d’humeurs :

Il convient de prévenir le lecteur le plus rapidement possible des changements d’humeur dans un texte. Il existe des douzaines de mots pour ça, comme « mais », « cependant », … La plupart des écrivains ont appris à ne pas utiliser « mais » en début de phrase. C’est une erreur, car c’est un excellent moyen de montrer un contraste total entre cette phrase et ce qu’il y a eu avant.
Il faut toujours se demander où nous avons laissé le lecteur à la fin d’une phrase, pour savoir si nous devons le réorienter à l’aide d’un de ces mots.

 

L’abus de noms :

C’est une maladie dans les façons de s’exprimer aujourd’hui que d’utiliser deux ou trois noms quand un seul nom ou verbe suffit. Il ne pleut plus : à la place on parle d’ « activité de précipitations ».

 

Réparation rapide :

En général, les problèmes les plus compliqués dans une phrase peuvent être simplement contournés en éradiquant le problème, en d’autres termes le supprimer de la phrase. Ajouter des nouveaux mots pour expliquer une phrase peu claire est pire que mieux.

 

Les paragraphes :

Il faut garder les paragraphes courts. L’écriture doit être visuelle : elle attrape l’œil avant d’attraper le cerveau. Mais attention car une succession de paragraphes courts est aussi ennuyant qu’un paragraphe trop long. Séparer son texte en paragraphe est subtil mais très important car c’est un itinéraire pour le lecteur, révélant comment l’écrivain a organisé ses idées.

 

Réécriture :

Réécrire est l’essence de la bonne écriture. Impossible de bien écrire sans prendre en compte qu’écrire est un processus évolutif, pas un produit fini. Réécrire signifie mettre en forme, raccourcir et améliorer ce qu’on a écrit à notre premier essai. Cela consiste à être sûr d’avoir donné au lecteur une narration qu’il peut suivre facilement. Pour ça, se mettre à la place du lecteur est important.

 

La confiance dans le contenu :

Il ne faut pas ennuyer les lecteurs en insistant et expliquant de manière trop prononcée, en leur disant des choses qu’ils savent déjà. Limiter l’usage des mots « bien sûr », « logiquement »… en tout début de phrase a du sens car cela donne de la valeur à une idée que n’a pas encore rencontré le lecteur. Il faut avoir confiance dans ce que l’on a écrit.

 

Ecrire sur des sujets qui nous intéressent :

Aucun sujet n’est trop spécialisé quand il nous intéresse. On sera bien meilleur quand on écrira au sujet de nos passions.

 

Partie 3 : Les Formes

 

L’écriture non-fictionnelle :

La majeure partie de ce qu’écrivent et vendent les écrivains, de ce que les éditeurs de livres et de magazines publient, et de ce que les lecteurs demandent n’est pas de la fiction. La fiction n’est pas morte. Et sa rareté n’en fait pas pour autant un genre supérieur à la non-fiction. L’auteur conseille aux écrivains d’écrire à propos du sujet auquel ils se sentent le plus confortables. La motivation est au cœur du processus d’écriture.

 

Chapitre 11 – Ecrire au sujet de la science et des technologies

 

Les gens ont peur de la science. Et il suffit de prendre un chimiste ou un physicien pour se rendre compte que les gens de science ont peur d’écrire. Pourtant, écrire est comme penser sur le papier : n’importe quelle personne qui pense clairement peut écrire clairement, sur n’importe quel sujet. Ecrire est juste une autre façon pour les scientifiques de transmettre ce qu’ils savent, et donc un excellent exercice pour eux. Nulle part ailleurs il faut travailler dur pour former des phrases qui ont une séquence logique et claire.

Un piège de l’écriture scientifique est que l’écrivain ne peut pas assumer que les lecteurs ont autant de connaissances que lui, ou qu’ils se rappellent ce qui leur a été expliqué auparavant.

Décrire comment un processus fonctionne est intéressant pour deux raisons : cela nous force à s’assurer que nous savons réellement comment le processus fonctionne, puis cela nous force à emmener le lecteur à travers les mêmes séquences d’idées et de déductions qui ont rendues clair le processus pour nous.

Finalement l’écriture scientifique peut se généraliser à toute l’écriture non-fictionnelle : c’est le principe de mener des lecteurs qui ne savent rien, étape par étape, à un ensemble de sujets qu’ils ne pensaient pas pouvoir maîtriser. Il faut imaginer l’écriture scientifique comme une pyramide inversée : il faut commencer en bas par un fait que le lecteur doit maîtriser avant qu’il ne puisse aller plus loin. La deuxième phrase élargit ce qui était écrit dans la première, et ainsi de suite, pour permettre à l’écrivain d’explorer graduellement les idées pour les transformer en déductions et spéculations – comment une nouvelle découverte altère ce qui était connu, quelles nouvelles voies de recherche cela ouvre, où la recherche peut être appliquée.

Une bonne façon d’aider les lecteurs à comprendre est de relier les faits qu’on essaie d’expliquer avec des images auxquelles ils sont familiers. Une autre façon est d’arrêter d’écrire comme un scientifique et de commencer à écrire comme une personne : on revient ici à l’importance de faire transparaître sa personnalité dans ses écrits.

 

Chapitre 12 – Ecrire dans un contexte business

 

Comme dans l’écriture scientifique, dans l’écriture business (rapport, propositions commerciales, analyses financières, mail,…), l’anxiété est une grande part du problème et l’humanité et la pensée claire sont une grande part de la solution. De nombreuses carrières sont détruites ou propulsées par l’incapacité ou la capacité des personnes à présenter une série de faits, résumer une réunion ou présenter une idée de manière cohérente. La plupart des gens au travail sont si effrayés d’écrire que leur production tend à être déhumanisée – et à travers eux leur institution.

Mais ce n’est pas parce que des personnes travaillent pour une institution qu’ils doivent s’exprimer comme elle. Il faut se souvenir que les lecteurs s’identifient avec des personnes, et non pas avec des noms complétement abstraits comme « profitabilité » ou « implémentation ». Il faut se souvenir de ces quatre mots quand on s’exprime par écrit : clarté, simplicité, brièveté et humanité. Une organisation qui ne prend pas de temps pour être à la fois claire et personnelle dans ses écrits va perdre à la fois des amis, des clients et de l’argent.

Pourtant, une écriture simple prendra du temps à s’imposer dans nos organisations, car trop de vanité est à l’œuvre. A tous les niveaux, des managers sont prisonniers de la notion fausse qu’un style simple reflète un esprit simple. Alors qu’en réalité, un style simple est le fruit d’un travail et d’une réflexion difficile, quand un style brouillon est le fruit d’un esprit trop brouillon ou arrogant ou stupide pour organiser ses pensées.

 

Partie 4: Les Attitudes

 

Chapitre 13 – Le son de notre voix

 

Les écrivains inexpérimentés pensent à tort qu’il faut à tout prix se rapprocher du lecteur en adoptant une écriture informelle, quitte à ne plus écrire dans un bon Français. L’auteur conseille alors de lire à haute voix ce que nous avons écrit et de voir si nous aimons le son de notre propre voix. Il faut que ça sonne bien. L’auteur concède que cette qualité est presque intangible, mais il assure qu’il est important de faire l’exercice pour sentir si oui ou non notre Français est bon.

C’est un sujet terriblement subjectif qui est une affaire de goût : une spécialiste de la mode saura d’instinct quels vêtements et quelles couleurs accorder ensemble. Un bon écrivain saura la lecture de sa production si les mots qu’il a utilisés « sonnent » bien ensemble. Pour un écrivain, le bon goût se situe dans le choix délicat des mots qui apportent de la fraîcheur, de la surprise et de la précision.

 

Chapitre 14 – Plaisir, peur et confiance

 

Le fait d’écrire est un acte tellement solitaire que l’auteur s’est créé un credo où la joie tient une place centrale. Si quelque chose le fait rire dans l’acte d’écrire, il le couche sur le papier juste pour s’amuser, en supposant que si cela l’a amusé, cela amusera certainement quelques lecteurs.

La plus grande peur des écrivains de non-fiction est de ne pas être capable d’arriver à leur objectif qui est de présenter des idées de façon logique et compréhensible par tous, d’autant plus qu’ils sont responsables quand le lecteur est perdu. Pour combattre cette peur de la désapprobation et de l’échec, l’auteur conseille d’écrire sur des sujets qui nous intéressent et qui nous importent.

 

Mon avis sur le livre :

 

Très franchement ce livre n’est sans doute pas le plus décisif dans le programme du Personal MBA. Néanmoins, il a le mérite de toucher à ce qui est finalement le plus important dans notre carrière, à savoir notre façon de nous exprimer. Dans un contexte business où les entreprises ont des difficultés à communiquer de manière claire en interne et en externe, ce livre est une piqûre de rappel pour rendre notre communication écrite plus simple et plus compréhensible, sans perdre en valeur.
En analysant mes résumés de livre à la lumière des notions transmises par l’auteur, je me rends compte que tout n’est pas parfait dans ma façon d’écrire.
Toutes les parties du livre ne traitent pas du contexte business, c’est pour cette raison que j’ai fait quelques coupes dans mon résumé. Le livre regorge de conseils pour tout type d’écrits.